Myriam Louvel Sculpteure fils métaliques

Mon parcours

J’ai été séduite par le graphisme des objets anciens en fil de fer. Depuis 1995 j’ai commencé une recherche avec les matériaux les plus divers : fils de fer et autres fils métalliques, aiguilles de pin, feuilles d’iris, verres cassés et autres pièces de vaisselle, souvenirs de l’aichmophobie de ma mère, miroirs brisés, jouets anciens, implosions, éruptions, mon accident, mes trésors dérisoires, mes attendrissements, mes inquiétudes, mes brisures, mes désirs…  » Je répare… Je mêle les atmosphères étranges, J’emmêle les fils, les formes et leurs fantômes d’ombres… Je crée des “objets” à méditations, à interrogations. Je refais en fil de fer des objets du monde… pour prendre pied, comprendre, incorporer. Le fil de fer retrace. Le fil de fer dessine dans l’espace et sculpte le vide. Il interroge le rapport de la forme et du fond. Comment ça tient ? A quoi ça tient ? L’important c’est que ça tienne, que quelque chose tienne. Parfois un objet trouve sa réponse, ou sa question, dans un autre, plus tardif, ce qui me pousse à avancer. Dans un premier temps, je laisse venir avec le moins de conscience possible ce qui m’habite. Aventure intérieure déstabilisante, l’intéressant étant ce qui m’échappe. Dans un deuxième temps, parfois, cela fait sens dans mon histoire. Mais cela n’aboutit vraiment, selon moi, qu’au moment où cela touche quelqu’un d’autre et déplace quelque chose en lui.

« Ce que je remarque c’est d’abord cette impression de délicatesse, de fragilité, de vulnérabilité, antithétique avec la matière : le fer. Le fer évoque plutôt quelque chose de frustre, de grossier, de brutal. C’est la machine, l’arme, Mars, la guerre. Myriam Paoli joue là-dessus et c’est bien. Si elle le faisait avec un matériau plus noble, plus précieux, cela deviendrait vulgaire, voire ridicule… Etrangement quand je vois ces œuvres, cela me donne le sentiment d’êtres, d’objets qui auraient subi par exemple, un souffle atomique. Il n’en resterait qu’une structure fragile mais encore vivante qui les définit complètement. Voilà qu’il me vient une image inconsciemment, c’est très curieux. C’est l’image des bulles de savon au moment où elles vont disparaître. Il y a comme une fine structure qui les définit, qui s’amenuise de plus en plus et hop ! elles disparaissent. Reste que ces structures n’ont rien à voir avec le squelette… Elles définissent un vide qui devient plein, c’est presque plus ce que définit le fil de fer qui est important que le fil lui-même… Cela peut faire penser à certaines peintures chinoises et japonaises et cette philosophie du plein et du vide… Il est évident que le fait de ne pas utiliser de soudure aide à créer le sentiment de liaison, de fluidité, de circulation… C’est plus du domaine de la calligraphie dans l’espace (outre ce qui est écriture même)… » Pierre Auclerc-Galland (peintre)

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